La rupture à l'amiable
Décider de mettre fin à une union n'est jamais facile. Souvent, le choix
final ne s'impose qu'après une longue période de déchirement, de
remise en question et d'incertitude angoissante, surtout quand des enfants sont
issus du mariage... Une fois la décision prise, les époux sont de plus
en plus nombreux à vouloir rompre de façon amiable, avec le moins de heurts
possible et dans un climat favorisant l'entente. Si vous êtes du nombre, votre
notaire peut vous informer et vous conseiller sur les conséquences juridiques
d'une séparation ou d'un divorce. Conseiller traditionnel des familles, le
notaire est un spécialiste du droit civil, y compris du droit matrimonial.
Sa formation universitaire et son expérience des contrats en font un conseiller
juridique hors pair. Il peut donc vous éclairer et vous guider dans le processus
qui mène à la séparation de corps ou au divorce. Mais, d'abord, êtes-vous
en mesure de bien faire toutes les distinctions appropriées ?
LA SÉPARATION DE FAIT : PAS D'EFFET JURIDIQUE
Il y a séparation de fait lorsque les époux cessent de faire vie commune.
La séparation de fait, aussi prolongée soit-elle, ne rompt pas les liens
du mariage.
Même si les époux ne vivent plus ensemble, ils conservent toujours, l'un
envers l'autre, les devoirs et les responsabilités découlant du mariage
: respect, fidélité, secours et assistance.
Ainsi, un conjoint séparé de fait depuis plusieurs années peut toujours
s'adresser au tribunal pour réclamer une pension alimentaire s'il devient incapable
de subvenir à ses propres besoins. De même, un conjoint séparé
de fait peut être tenu responsable de dettes liées aux besoins courants
de la famille.
La séparation de fait ne donne pas ouverture au partage du patrimoine familial.
Cependant, la date exacte de cette séparation pourra être considérée
par le tribunal pour le partage du patrimoine familial, si les parties obtiennent
par la suite un jugement en séparation de corps ou en divorce.
LA SÉPARATION DE CORPS
La séparation de corps, communément appelée " séparation légale
",
résulte d'un jugement. Les époux, ou l'un d'eux, peuvent s'adresser
au tribunal pour obtenir un tel jugement si la volonté de faire vie commune
est gravement atteinte.
La séparation de corps délie les époux de leur obligation de faire
vie commune. Mais les autres devoirs et obligations découlant du mariage persistent
toujours,
car les conjoints sont toujours mari et femme; ils ne peuvent,
en conséquence, se remarier. Si le régime matrimonial des époux n'était
pas déjà celui de la séparation de biens, il le devient alors.
La séparation de corps amène le partage du patrimoine familial.
LE DIVORCE
Le jugement de divorce résulte de l'échec du mariage; il met définitivement
fin à l'union et rompt le lien du mariage. Il entraîne le partage du patrimoine
familial et la dissolution du régime matrimonial.
Entre autres choses, la loi reconnaît le principe du divorce " sans coupable
". En effet, depuis 1986, il n'est plus obligatoire de s'accuser d'un délit
conjugal comme l'adultère ou la cruauté physique ou mentale pour obtenir
le divorce. L'un ou l'autre des époux, ou mieux encore les deux ensemble, peuvent
demander le divorce si les conjoints ont vécu séparément pendant
au moins un an avant le prononcé du jugement de divorce et s'ils vivaient séparés
à la date d'introduction de l'instance. Mais, dans ces circonstances, les époux
auront souvent avantage à protéger leurs intérêts respectifs
avant l'obtention du jugement de divorce. Parlez-en à votre notaire; il saura
vous conseiller adéquatement.
LA SÉPARATION À L'AMIABLE ET LE DIVORCE À L'AMIABLE
Pour obtenir, à l'amiable, un
jugement de séparation de corps ou
de divorce, il faut que les époux se soient préalablement entendus sur
toutes les conséquences de leur rupture.
Votre notaire peut rédiger pour vous cette entente, que l'on appelle projet
d'accord. C'est une pièce maîtresse qui sera soumise au tribunal lors
de la présentation de votre demande en séparation de corps ou en divorce.
En prononçant la séparation de corps ou le divorce à la suite de
la demande conjointe accompagnée du projet d'accord, le tribunal, par son jugement,
entérine ce projet d'accord.
QUE DEVRAIT COMPORTER LE PROJET D'ACCORD ?
Le projet d'accord règle toutes les conséquences découlant de la
rupture. Par exemple, il répond aux questions suivantes :
Quel sera le lieu de résidence des enfants ? Comment seront répartis les
droits de garde et les droits d'accès ?
- Qui paiera les frais de scolarité ?
- Qui continuera d'occuper la résidence familiale ? Y aura-t-il plutôt lieu
de la vendre ?
- Qui gardera les meubles ?
- Qui paiera les dettes communes ?
- Y aura-t-il une pension alimentaire ? En faveur de qui et pour combien de temps
?
- Comment sera partagé le patrimoine familial ?
- De quelle façon sera liquidé le régime matrimonial ?
- Y aura-il paiement d'une prestation compensatoire ? etc.
LES AVANTAGES
Les statistiques tendent à démontrer les effets bénéfiques d'une
rupture à l'amiable par rapport à un jugement obtenu dans un climat d'affrontement
et de contestation.
Le processus à l'amiable permet, bien sûr, de raccourcir les délais.
Les frais et honoraires juridiques sont moindres. De plus, les enfants ressortent,
semble-t-il, beaucoup moins meurtris par l'expérience de la rupture si leurs
parents peuvent malgré tout communiquer et s'entendre.
Le jugement ne fait ni gagnant ni perdant, puisqu'il entérine le résultat
de négociations et d'ententes adaptées et librement consenties par des
gens responsables et soucieux de décider par eux-mêmes de leur avenir.
MÉDIATION FAMILIALE
Si des questions se soulèvent sur un sujet particulier, ou encore si les relations
entre les conjoints se détériorent au point de rendre difficile la conclusion
d'une entente sur les conséquences de la rupture, il est possible, pour le
couple, de recourir à la médiation familiale. La médiation familiale
peut même survenir dès le début de la rupture si des difficultés
sont à prévoir.
Plusieurs notaires ont développé cette expertise à la suite d'une
formation spéciale et ont été accrédités, par leur ordre
professionnel, à agir à titre de médiateur familial. Ils peuvent
donc, en toute impartialité, amener les conjoints à résoudre eux-mêmes
leurs conflits et à élaborer une entente viable réglant à leur
satisfaction les effets de la réorganisation des affaires familiales.
La médiation familiale est une méthode alternative de résolution
des conflits. C'est une solution de rechange au processus judiciaire traditionnel.
Contrairement au processus judiciaire, il y a place pour les émotions et les
échanges directs dans le contexte de la médiation.
LE RÔLE DU NOTAIRE-MÉDIATEUR
La médiation familiale n'est pas une thérapie qui a pour objectif de réconcilier
les parties. Avant d'entreprendre une médiation, le notaire-médiateur
doit s'assurer que la décision du couple de se séparer est irrévocable.
Le notaire-médiateur est là pour faire en sorte que les solutions retenues
sont justes et équitables pour tous et qu'elles interviennent dans le respect
des lois en vigueur. Il ne donne pas d'opinion, mais fournit toute l'information
juridique nécessaire pour que les parties puissent prendre des décisions
éclairées.
LES ÉTAPES DE LA MÉDIATION
La médiation se caractérise principalement par sa flexibilité et,
selon les points ou les difficultés à couvrir, elle peut s'étendre
sur deux à huit séances d'une durée de une à deux heures chacune.
Les étapes suivies par le notaire-médiateur sont sensiblement les mêmes
d'une médiation à l'autre.
1. La première rencontre, dite d'information, où le notaire-médiateur
explique aux parties en quoi consiste le processus de la médiation familiale
et ses règles de base. Si, à la fin de cette première rencontre,
les parties choisissent de poursuivre dans cette voie, le notaire-médiateur
leur fait signer un consentement à la médiation qui témoigne de leur
bonne foi respective, démontre leur volonté de coopérer et établit
les coûts reliés à cette démarche.
2. Le notaire-médiateur fait, avec l'aide des conjoints, l'analyse des
problèmes qui se posent et établit les besoins et les intérêts
de chacun d'eux ainsi que ceux des enfants.
3. Par la suite, les conjoints et le notaire-médiateur explorent les
différentes options et vérifient si elles répondent aux besoins établis.
4. Lorsque les parties se sont entendues pour prendre les décisions
qui s'imposent, le notaire-médiateur prépare un projet d'accord qui donne
suite intégralement à leur volonté. Il s'assure que les solutions
inscrites dans le projet d'accord sont conformes à la loi et il veille à
ce que l'entente respecte les intérêts et rencontre les besoins de tous
les intéressés.
5. Une fois signé le projet d'accord, il reste alors à faire une
demande conjointe en séparation de corps ou en divorce sur la base de cette
entente. Compte tenu des précautions prises, le projet d'accord a donc de très
bonnes chances de recevoir l'approbation du tribunal et d'être entériné
par le prononcé du jugement en séparation de corps ou en divorce.
LE NOTAIRE, JURISTE DE L'ENTENTE
Spécialiste de la rédaction des contrats, le notaire, de par sa formation
et les devoirs que la loi lui impose, est un juriste impartial chargé d'éclairer
et de conseiller les parties aux actes qu'il reçoit.
Favorisant un climat d'entente propice à la négociation, le notaire est
le professionnel compétent tout indiqué pour vous aider à " réussir
" votre séparation ou votre divorce.
Consultez votre notaire : il ne laisse rien au hasard.