Les Régimes matrimoniaux
À la base… Mari et femme sont égaux devant la loi
Qu'il s'agisse d'un mariage civil ou religieux, certaines exigences relatives à
l'âge, à la capacité, à l'état matrimonial, au lien de
parenté, au célébrant et à la publication d'avis doivent être
respectées. Les époux, nécessairement un homme et une femme, ont
les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils se doivent mutuellement respect,
fidélité, secours et assistance. Chacun conserve ses nom et prénoms
après le mariage. Les époux assurent tous deux la direction morale et
matérielle de la famille et exercent ensemble l'autorité parentale.
LES CHOIX POSSIBLES
Tous les époux, qu'ils soient mariés civilement ou religieusement, sont
assujettis à un régime matrimonial. Celui-ci réglemente leurs rapports
économiques pendant le mariage ainsi que le sort de leurs biens à la dissolution
du régime.
Le régime matrimonial prend effet du jour de la célébration du mariage
— ou du jour de l'acte constatant un changement de régime — et
prend fin lors d'un jugement de divorce ou en nullité de mariage, ou encore
à l'occasion du décès de l'un des époux; le régime matrimonial
en cours est également dissous par la décision des époux d'adopter,
par contrat notarié, un nouveau choix de régime matrimonial.
Le Code civil du Québec prévoit expressément les règles concernant
deux régimes matrimoniaux : la société d'acquêts et la séparation
de biens.
Le régime de la société d'acquêts s'applique automatiquement,
depuis le 1er juillet 1970, aux époux qui n'ont pas fait de contrat de mariage.
On le qualifie de régime matrimonial légal. Les époux peuvent également
opter, par contrat de mariage passé devant notaire, pour le régime de
la société d'acquêts et l'assortir de conditions ou de précisions
particulières.
D'autre part, le régime de la séparation de biens ne peut être adopté
que par contrat de mariage reçu devant notaire. Il permet toutes sortes de
conventions entre époux dans la mesure ou celles-ci ne sont pas contraires
à la loi ou à l'ordre public.
Les époux mariés avant le 1er juillet 1970 et qui n'ont jamais signé
de contrat de mariage sont soumis aux règles du régime de la communauté
de meubles et acquêts, mieux connu sous le nom de communauté de biens.
Ce régime n'est plus réglementé comme tel dans le Code civil du Québec.
Toutefois, les époux assujettis à ce régime continuent d'être
soumis à ses dispositions. Les nouveaux époux peuvent également,
par contrat de mariage notarié, choisir un régime matrimonial communautaire.
LE RÉGIME DE LA SOCIÉTÉ D'ACQUÊTS
En société d'acquêts, il existe deux catégories de biens: les
biens " propres " et les biens " acquêts ". Les biens propres sont principalement
ceux que chacun des époux possède au début du régime et ceux
qu'il reçoit, pendant le régime, par succession ou donation. Tous les
biens non déclarés propres par la loi sont acquêts.
Sous le régime de la société d'acquêts, chaque époux conserve
l'administration de ses biens propres et de ses biens acquêts, sujet toutefois
à l'obtention du consentement de l'autre pour disposer gratuitement, entre
vifs, de ses biens acquêts. Certaines réserves s'appliquent également
eu égard aux résidences de la famille et aux meubles qui servent à
l'usage du ménage. Par ailleurs, lors de la dissolution du régime, chacun
des conjoints peut demander le partage des biens acquêts de l'autre selon les
règles établies.
LE RÉGIME DE LA SÉPARATION DE BIENS
En séparation de biens, il n'existe que des biens " propres ". Chaque conjoint
administre seul ses biens et en dispose comme bon lui semble, sous réserve,
là encore, des dispositions concernant les résidences de la famille et
les meubles servant à l'usage du ménage.
Le régime de la séparation de biens a l'avantage d'assurer l'autonomie
complète des époux et de mettre chacun à l'abri des erreurs ou des
difficultés économiques de l'autre. Il peut cependant engendrer certaines
iniquités envers le conjoint économiquement faible, particulièrement
lors de la dissolution du régime.
PATRIMOINE FAMILIAL ET PRESTATION COMPENSATOIRE
Le Code civil du Québec prévoit certaines dispositions s'appliquant aux
époux, peu importe leur régime matrimonial.
Les dispositions de la loi instituant le patrimoine familial sont entrées en
vigueur le 1er juillet 1989. Ainsi, le mariage emporte automatiquement la constitution
d'un patrimoine familial. En cas de séparation de corps, de dissolution ou
de nullité de mariage, la valeur de ce patrimoine familial est divisée
en parts égales, entre les époux ou entre l'époux survivant et les
héritiers, selon le cas.
De plus, certaines règles assurent la protection de la ou des résidences
de la famille pendant la durée du mariage. En effet, l'époux propriétaire
ne peut vendre, ni même hypothéquer dans la majorité des cas, une
résidence familiale sans obtenir le consentement écrit de son conjoint.
Toutefois, cette protection n'est pleinement efficace que si l'époux non propriétaire
a fait publier une déclaration de résidence familiale au bureau de la
publicité des droits. De même, un époux ne peut, sans le consentement
de son conjoint, aliéner, hypothéquer ni transporter hors d'une résidence
familiale les meubles qui servent à l'usage du ménage.
Pour plus de renseignements à ce sujet, vous voudrez bien consulter le dépliant
intitulé "Le patrimoine familial".
Enfin, au moment où il prononce la séparation de corps, le divorce ou
la nullité du mariage, le tribunal peut ordonner à l'un des époux
de verser à l'autre une prestation en compensation de l'apport de ce dernier,
en biens ou en services, à l'enrichissement du patrimoine de son conjoint.
Il en est de même en cas de décès.
Le choix du régime matrimonial ne reçoit pas toujours l'attention qu'il
mérite. Vous devriez discuter avec votre notaire à ce sujet. Il peut vous
aider à faire l'analyse de votre situation et vous guider dans le choix d'un
régime matrimonial adapté à vos besoins.
Consultez votre notaire : il ne laisse rien au hasard.