LE NOTAIRE ET LE TROISIÈME ÂGE
Le NOTAIRE et le troisième âge
À l'aube d'une nouvelle vie, vous avez sûrement la satisfaction d'avoir
contribué, à votre mesure, à bâtir notre société.
Vous méritez la tranquillité d'esprit nécessaire pour profiter pleinement
de cette période. Votre notaire peut vous aider à solutionner vos préoccupations
d'ordre juridique.
LA PROCURATION UN OUTIL ADÉQUAT PENDANT QUE TOUT VA BIEN
Vous partez en voyage ? Vous devez séjourner à l'hôpital ? Il est
rassurant de savoir qu'une personne peut s'occuper de vos affaires et administrer
vos biens pendant cette période de temps. Votre conjoint, l'un de vos enfants
ou encore un ami digne de confiance peut s'en charger. Voici comment.
Il vous suffit de signer un document qu'on appelle procuration ou mandat. La procuration
permet de désigner une personne, le mandataire, pour agir en votre nom dans
ces circonstances.
La procuration peut prévoir une série d'actes dont vous souhaitez confier
la responsabilité à votre mandataire.
Ainsi, si vous quittez le pays pour un bon moment, vous pourriez vouloir permettre
au mandataire de poser à votre place tous les actes que vous feriez vous-même,
et ce, avec la même efficacité.
Le mandataire peut, par exemple, payer votre loyer ou effectuer vos versements hypothécaires,
faire vos dépôts et retraits à la banque, renouveler vos assurances,
etc.
Parfois, il est préférable d'imposer clairement des limites aux pouvoirs
du mandataire. Ainsi, vous pouvez l'autoriser à poser uniquement certains actes
déterminés, par exemple vendre votre propriété selon les conditions
que vous avez fixées.
Votre notaire est en mesure de vous conseiller adéquatement sur le contenu
d'une procuration. Il peut ensuite procéder à sa préparation en l'adaptant
spécialement à vos besoins. La procuration prend fin advenant votre décès
ou celui de votre mandataire.
LA RÉVOCATION :
UN GESTE QUI S'IMPOSE QUAND LA CONFIANCE CESSE
Lorsque vous perdez confiance en votre mandataire, vous pouvez révoquer le
mandat. Dès lors, il lui sera interdit d'agir à votre place.
Pour exercer ce droit, il vous faut signer un autre document, préférablement
notarié, qu'on appelle révocation. En résumé, ce document contient
une déclaration de votre part selon laquelle vous ne désirez plus que
le mandataire vous représente et agisse à votre place.
Vous devez ensuite porter cette révocation à la connaissance de votre
mandataire : il suffit de lui expédier, préférablement sous pli recommandé,
une copie de la révocation. Vous pourrez contraindre votre mandataire à
vous remettre la procuration pour y faire mention de la fin du mandat. Si la procuration
a été faite par acte notarié, il devient important d'aviser le notaire
qui a reçu cet acte. Également, pour plus de sûreté, vous pouvez
notifier cette révocation aux institutions financières avec lesquelles
vous faites affaire.
L'INAPTITUDE ET LES MODES DE PROTECTION
Avec l'âge, les facultés intellectuelles peuvent se dégrader au point
qu'on peut devenir incapable de gérer ses propres affaires et de prendre soin
de sa personne (pertes de mémoire, jugement déficient, etc.).
Si, alors qu'on jouissait pleinement de ses capacités intellectuelles, on a
pris soin de signer un mandat en prévision de l'inaptitude, le mandataire désigné
pourra prendre la relève. La plupart du temps, au lieu d'avoir à présenter
une requête devant le tribunal pour faire homologuer ce mandat, ce mandataire
sera en droit d'adresser une demande à un notaire accrédité en la
matière par son ordre professionnel pour constater, selon la procédure
prévue par la loi, la prise d'effet de ce mandat. Vous pouvez, à cet égard,
consulter notre dépliant sur le mandat donné en prévision
de l'inaptitude.
Lorsque, préalablement à votre inaptitude, vous n'avez pas pris soin d'établir
un tel mandat, la loi permet alors de procéder à l'ouverture d'un régime
de protection. Tout dépendant de votre degré d'inaptitude, le régime
de protection ouvert pourra être la curatelle, la tutelle ou le conseiller
au majeur.
On procède à l'ouverture d'un régime de curatelle lorsque votre inaptitude
à prendre soin de vous-même ou de vos biens est totale et permanente.
On ouvre plutôt un régime de tutelle lorsque l'inaptitude n'est que partielle
ou temporaire. Enfin, on ouvre un régime de conseiller lorsque vous êtes
généralement capable de prendre soin de vous-même et de vos biens,
mais que vous avez besoin d'assistance pour poser certains actes particuliers. Ces
régimes sont réévalués selon les dispositions de la loi. Vous
n'avez donc aucun contrôle sur le régime de protection qui vous sera attribué
non plus que sur le choix de la personne qui sera désignée à titre
de curateur, de tuteur ou de conseiller.
Là encore, en lieu et place d'une requête adressée au tribunal, on
pourra décider de présenter une demande d'ouverture ou de révision
d'un régime de protection à un notaire accrédité par son ordre
professionnel pour agir en la matière.
Par opposition à l'ouverture d'un régime de protection, le mandat donné
en prévision de l'inaptitude vous permet de choisir vous-même
celui ou celle qui administrera vos biens et s'occupera de votre personne advenant
votre inaptitude ainsi que les pouvoirs qui lui seront conférés. Le choix
de cette personne constitue une décision beaucoup trop importante pour être
laissée à la discrétion des autres ... Pour
faire en sorte que votre choix puisse prévaloir, consultez votre notaire.
LA RÉSILIATION DE VOTRE BAIL
Vous voudrez mettre fin à votre bail si, par bonheur, vous obtenez le logement
à loyer modique que vous attendiez ou si, par malheur, la survenance d'un handicap
fait en sorte que vous ne pouvez plus occuper votre logement actuel.
Vous voudrez aussi mettre fin à votre bail si, en tant que personne âgée,
vous êtes admis de façon permanente dans un centre d'hébergement
et de soins de longue durée ou dans un foyer d'hébergement.
Vous n'aurez alors qu'à aviser votre locateur de votre intention de mettre
fin au bail et, généralement, il prendra fin trois mois après l'envoi
d'un avis écrit. Cet avis devra être accompagné d'une attestation
de l'organisme qui vous accueillera. Le locateur ne peut pas vous expulser avant
l'expiration de ce délai de trois mois même s'il prétend avoir loué
votre logement à une autre personne.
Mais attention car dans certains cas on peut mettre fin au bail beaucoup plus rapidement.
De plus, le bail original peut prévoir certaines dispositions spécifiques
à ce sujet. Consultez votre notaire pour en savoir davantage.
FAIRE SON TESTAMENT UNE MARQUE D'AMOUR
Vous épargnerez bien des soucis à ceux qui vous sont chers si vous avez
pris soin de faire votre testament.
Peu importe la valeur financière de votre patrimoine, un testament bien rédigé
assure une répartition de vos biens conforme à votre volonté.
Vous pouvez le remplacer ou le modifier en tout temps. Prenez soin toutefois d'informer
une personne de confiance de l'existence de ce testament et de la sépulture
de votre choix : souvent, le testament n'est lu qu'après les funérailles.
Le dépliant Le testament expose les trois formes de testament reconnues par
la loi : le testament olographe, le testament fait devant témoins et, bien
sûr, le testament notarié. N'hésitez pas à
demander ce dépliant à votre notaire.
LE TESTAMENT BIOLOGIQUE OU TESTAMENT DE VIE
De plus en plus de personnes ne désirent pas être maintenues en vie par
des procédés artificiels. Elles veulent mourir dignement, naturellement.
L'idée du testament biologique fait son chemin. Il s'agit d'un document daté
et signé dans lequel une personne majeure, saine d'esprit, bien portante ou
malade, fait connaître la façon dont elle aimerait être soignée
et traitée durant les derniers instants de sa vie.
Sa valeur est strictement morale et, s'il constitue une bonne indication de la volonté
du patient, le testament de vie ne crée aucune obligation légale pour
le médecin ou l'hôpital. Ce document peut cependant être remis à
votre médecin traitant et constituer une pièce importante à votre
dossier médical.
Recourir à son notaire ne rend pas le testament biologique
incontestable et exécutoire, mais cela rassure le médecin sur
son authenticité et lève toute ambiguïté dans l'esprit de vos
proches quant à la manifestation de vos volontés.
UN LIQUIDATEUR SUCCESSORAL, C'EST RASSURANT
Vous avez été désigné liquidateur de la succession de l'un de
vos proches. Une belle marque de confiance ! Votre responsabilité consiste
à procéder au règlement de la succession du défunt.
Certaines démarches s'imposent ; en bref, ce sont les suivantes :
- Veiller aux funérailles ;
- Procéder à l'ouverture du coffret de sûreté ;
- Ouvrir un compte dans une institution financière ;
- Produire les déclarations de revenus et payer les impôts ;
- Dresser l'inventaire des biens ;
- Identifier les successibles ;
- Demander aux autorités fiscales les certificats de distribution des biens ;
- Acquitter les dettes de la succession et payer les legs particuliers ;
- Rendre compte de votre administration ;
- Suggérer un partage de succession, etc.
Votre notaire est votre meilleur partenaire dans l'accomplissement des nombreuses
tâches qui vous attendent. Il peut vous assister, vous conseiller judicieusement
et vous éviter de nombreux soucis ...
Pour en savoir davantage au sujet du règlement d'une succession,
nous vous invitons à consulter notre dépliant sur le sujet.
LES PRÉ ARRANGEMENTS FUNÉRAIRES
L'idée peut être bonne d'organiser vous-même, à l'avance, vos
propres funérailles. Cela permet d'assurer que vos dernières volontés
soient strictement observées.
L'Office de la protection du consommateur applique la loi destinée à régir
ce secteur d'activité : n'hésitez pas à communiquer avec le bureau
de votre région pour obtenir des informations à ce sujet.
D'autres questions vous inquiètent ? Ne laissez pas l'incertitude gâcher
votre existence.
Consultez votre notaire : il ne laisse rien au hasard.