Gare aux hypothèques légales de la construction !
Des recours aux conséquences dramatiques
Pour conserver leur garantie, chacun des bénéficiaires d'une hypothèque légale de
la construction a 30 jours, à compter de la fin des travaux, pour publier un avis
d'hypothèque légale contre votre propriété au registre de la publicité des droits
(autrefois appelé bureau d'enregistrement ). Les bénéficiaires ont ensuite six
mois, à compter de la fin des travaux, pour entreprendre contre vous des poursuites
judiciaires visant à obtenir paiement. Vous devrez vous défendre et ainsi, engager
des frais judiciaires importants. Il est possible que vous soyez tenu de payer le
montant des hypothèques légales publiées contre votre propriété, mme si vous avez
déjà payé votre propriété ou vos travaux de rénovation ! Le but d'une action intentée
par un bénéficiaire d'hypothèque légale est la vente en justice de votre propriété
pour obtenir paiement des sommes qui lui sont dues. Vous risquez donc de perdre
votre propriété !
Le flou entourant la fin des travaux
Il est difficile d'établir avec exactitude quand survient la fin des travaux .
Chose certaine, elle n'arrive pas tant que tous les extras prévus au contrat
n'ont pas été complétés.
Les plans de garantie des maisons neuves : un bouclier percé
Les plans de garantie obligatoire applicables aux maisons neuves ne vous protègent
pas contre la publication d'hypothèques légales de la construction. Ces plans ne
visent qu'à protéger l'acompte que vous avez versé à l'entrepreneur, à garantir
le parachèvement des travaux et à régler certains problèmes de construction.
Quand ce droit à l'hypothèque légale prend-il fin ?
Le droit des bénéficiaires d'une hypothèque légale s'éteint s'ils n'ont pas publié
leur avis dans les 30 jours de la fin de tous les travaux. De mme, leur droit à
une hypothèque légale s'éteint si, toujours impayés, ils négligent d'entreprendre
des procédures judiciaires dans les six mois de la fin des travaux.
Le rôle du notaire
Le notaire est votre conseiller juridique. Il est en mesure de vous expliquer en
détail vos droits et obligations sur la question des hypothèques légales de la construction.
Toutefois, il lui est impossible d'exercer un contrôle total sur les paiements faits
par votre entrepreneur. De plus, puisqu'il n'est pas sur le chantier, votre notaire
ne peut identifier avec certitude chacune des personnes ayant participé à la construction
ou à la rénovation de votre maison. Il ne peut non plus déterminer la date à laquelle
la toute dernière vis a été posée, la dernière retouche de peinture faite, ou les
autres menus travaux complétés.
Comment vous protéger ?
Votre notaire peut vous conseiller sur la mise en oeuvre de mécanismes de protection
contre les hypothèques légales de la construction. Par exemple, avec le consentement
de l'entrepreneur, une partie du prix de vente pourrait tre retenue par le notaire.
Ainsi vous pourriez exiger que les travaux soient effectués à votre satisfaction
avant le débours final.
Sachez toutefois que l'efficacité des mécanismes de protection dépend de divers
éléments dont l'offre d'achat, le contrat de construction ou de rénovation que vous
avez signé ou encore des exigences de votre créancier hypothécaire. Une consultation
auprès de votre notaire avant de vous engager pourrait vous orienter vers le mécanisme
le plus approprié à votre situation. Vous pourrez ensuite conclure une entente avec
votre entrepreneur et votre créancier hypothécaire pour appliquer un processus strict
de décaissement des sommes sous la supervision et le contrôle de votre notaire.